| « J’ai
plus de souvenirs que si j’avais mille ans. »
Charles
Baudelaire
Critique d’art, traducteur inspiré d’Edgar Poe, fumeur de haschisch
et poète maudit, Baudelaire sera celui par qui le scandale arrive.
Né
à Paris en 1821, Charles-Pierre Baudelaire perd son père
à l’âge de six ans, et doit vite composer avec un beau-père qu’il
déteste. À dix-huit ans, élève brillant mais farouche, il est renvoyé
de Louis-le-Grand. Attiré par la vie de bohème et les bas-fonds
parisiens, univers dominé par l’alcoolisme et la prostitution, il
abandonne ses études de droit. Pour le soustraire aux mauvaises
influences, sa mère et son beau-père décident de l’emmener en
Inde, mais il fait demi-tour à l’île Bourbon. Son court séjour sous
les tropiques aura toutefois suffit pour lui inspirer le goût de
l’exotisme.
De
retour à Paris, il profite de la fortune léguée par son père,
dont il a hérité l’amour des œuvres d’art et du raffinement, et
cultive le genre dandy nonchalant et excentrique. Il s’installe
sur l’île Saint-Louis et fait la connaissance de Sainte-Beuve, Hugo
et Gautier, qu’il admire. Sa rencontre
avec l’actrice Jeanne Duval constitue une étape importante
de son existence : la « Vénus noire » sera l’amour
d’une vie, malgré les disputes et les trahisons.
En
1844, Baudelaire est déclaré juridiquement irresponsable à la
demande sa famille. Il a dépensé tout son argent, et se voit contraint
d’écrire pour vivre. D’abord avec les Salons (regroupés par
la suite dans les Curiosités esthétiques), dans lesquels
il défend une esthétique fondée sur le pouvoir de l’imagination,
puis avec les traductions des Histoires extraordinaires de
Poe. Baudelaire se fait le théoricien de la modernité, défend Delacroix
contre les peintres officiels, et découvre la musique de Wagner.
C’est vers cette époque qu’il commence à goûter au haschisch dans
des soirées qui inspirent à Gautier le Club des hachichins
en 1846.
Les
événements politiques le distraient un moment de ses activités
littéraires ; il est aux côtés des
révolutionnaires en 1848, mais se replonge rapidement
dans l’écriture, décidé à vivre en marge de la société bourgeoise.
En
1857, les Fleurs du Mal,
fruit d’un travail acharné, lui valent une condamnation pour
« offense à la morale publique et aux bonnes mœurs ».
Être
délicat et nerveux – il a tenté de se suicider en 1845 –, il est
sujet à de fréquentes crises de découragement, et tente en vain
de calmer ses douleurs avec du laudanum. Les progrès de la maladie
ne l’empêchent pas d’arpenter Paris ; ses promenades lui inspirent
toute une série de petits poèmes en proses, publiés dans des revues
et rassemblés après sa mort dans Le Spleen de Paris. Il publie
les Paradis artificiels en 1860, avant de partir pour
la Belgique, d’où il revient très affaibli.
Frappé d’hémiplégie, il connaît une longue agonie avant de s’éteindre
dans un relatif dénuement, en août 1867.
(titres
disponibles en version numérique)
La Fanfarlo (1847)
Du vin et du haschisch (1851)
Les Fleurs du Mal (1857)
Les Paradis artificiels (1860)
Le Spleen de Paris (1869)
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